LA
SOCIETE
Problématique
générale :La nature avilie t-elle et la société libère t-elle ?
Ø La société
n’est pas l’Etat.
Ø L’opinion commune a tendance à la réduire à une simple communauté d’individus
échangeant des services et des biens. La société aurait spontanément une fonction
utilitaire :
- regrouper les forces des individus,
- diviser et spécialiser le travail,
- régir les échanges et
- organiser le commerce.
- 2 problématiques :
1. La société humaine est-elle spontanée ?
2. Qu’est ce qui nous rend humain ?
Nous verrons dans une première partie que
c’est le besoin qui fonde la société ;
puis dans une seconde partie, nous
verrons que pour vivre dans la société c'est-à-dire être en collectivité,
il faut être capable de vivre constamment avec autrui; pour pouvoir vivre dans
cette société il faut tenir compte des règles établies par celle-ci pour en
assurer le bon fonctionnement. Ces règles sont l'éducation, les bonnes
manières, l'apprentissage des choses élémentaires et inévitables et
nécessaires, en gros, tout ce qui permet à l'être humain de devenir un
homme.
I/ Individu et société : une communauté
spontanée ?
1)
L’homme « un animal
politique » (Ethique à Nicomaque, VII)
Aristote avait remarqué que les hommes ne se suffisant
pas à eux-mêmes pour satisfaire leurs besoins, c’est pourquoi ils
recherchent naturellement l’amitié de leur semblable.
Aristote définit l’amitié comme le sentiment
d’appartenir à une même communauté et le son que l’on apporte à l’autre et aux
biens des autres. Les hommes sont naturellement
sociables parce qu’ils ont la possibilité naturelle de communiquer par le
langage. Ainsi
peuvent-il décider de ce qui est juste ou injuste, du bien et du mal, ainsi que
partager leurs jugements grâce aux mots.
2)
L’homme un animal politique qui fonde
une société économique.
L’homme est l’être qui a le plus de besoins que les autres animaux, et moins de moyens pour les satisfaire, parce
qu’il est faible dans la nature.
C’est pour pallier à cette faiblesse naturelle que l’homme vit en
société : la vie en commun
permet :
- De regrouper leurs forces pour se défendre contre les attaques et pour réaliser à plusieurs ce qu’un seul ne saurait entreprendre.
- Permet de diviser et de spécialiser le travail, ce qui accroît l’efficacité mais génère de nouveaux besoins
Adam Smith (1723 - 1790) est un philosophe et économiste
écossais des Lumières reprendra l’idée : je ne peux satisfaire mes besoins que si j’obtiens qu’un
autre fasse ce que je ne sais pas faire : il sera alors possible
d’échanger le produit de mon travail contre le produit du travail d’un autre.
Or, pour qu’autrui accepte l’échange, il faut qu’il
approuve, lui aussi, le besoin d’acquérir ce que je produits : il est dans mon intérêt propre que le
plus de gens possibles aient besoin de ce que je produis. Comme chacun fait
de son côté le même calcul : il est dans l’intérêt de tous que les besoins
aillent en s’augmentant, l’interdépendance s’accroit.
3) ATTENTION DANGER
Aristote (vers 384 – 322
av. J.-C.) montre dans de nombreux textes dont l'Ethique à Nicomaque la différence fondamentale entre l'économique
et la chrématistique.
- La chrématistique est l'art de s'enrichir, d’acquérir des richesses. Elle s'oppose à la notion d'économie (de oïkos, la maison donc la communauté au sens élargi, et nomia, la règle, la norme) qui désigne, elle, la norme de conduite du bien-être de la communauté, ou maison au sens très élargi du terme.
Aristote distingue :
- La "chrématistique naturelle" ou "nécessaire" La première est liée à la nécessité de l'approvisionnement de la maison, c'est-à-dire de la famille élargie au sens de communauté. On ne peut pas la dénigrer, car elle est nécessaire à la survie. Aristote admet le troc et l'échange pratiqué par la monnaiecomme important, mais insiste sur le fait que cette dernière ne doit pas être accumulée, qu'elle ne doit être utilisée que pour réaliser l'échange.
- La "chrématistique" proprement dite ou "commerciale" La seconde forme de chrématistique est radicalement différente et est liée au fait de "placer la richesse dans la possession de monnaie en abondance". C'est l'accumulation de la monnaie pour la monnaie (la chrématistique dite "commerciale") qui, selon Aristote, est une activité "contre nature" et qui déshumanise ceux qui s'y livrent Ainsi, suivant l’exemple de Platon, il condamne le goût du profit et l'accumulation de richesses. En effet, la chrématistique commerciale substitue l’argent aux biens ; l’usure crée de l’argent à partir de l’argent ; le marchand ne produit rien : en l'absence de règles strictes visant leurs activités et d'un contrôle de la communauté dans son ensemble, tous sont condamnables d'un point de vue politique, éthique et philosophique.
Conclusion
et transition : l’échange
économique :
- Est créateur de liens car il accorde les libertés de chacune des parties en fonction d’un intérêt commun.
- Il lie les individus entre eux dans un système économique
Mais la vie
en société est-elle un trait fondamental de l’humanité ? L’homme
pourrait-il vivre en dehors de toute organisation sociale ?
II/ De l’échange au lien social : la
communication
QU’EST-CE QUI FAIT DE LA BETE HUMAINE UN HOMME ?
- ) l'insociable sociabilité humaine
L'insociable sociabilité est une doctrine de KANT
exposée dans Idée d'une histoire universelle d'un point de vue
cosmopolitique selon laquelle l'homme est à la fois sociable et insociable.
Il s'agit donc de deux tensions
contradictoires présentes en même temps chez l'homme. L'homme n'a jamais pu
vivre seul, même au temps des australopithèques, l'homme vivait en groupe. De
même, les sauvages vivent en tribus.
L'homme est donc sociable, il a besoin des autres pour
vivre, mais il est également égoïste et aimerait pouvoir faire tout ce qui lui
plait comme il le veut, sans se soucier des autres ou des conséquences.
C'est
l'idée de ce magnifique film, tiré d'une histoire réelle : INTO THE WILD
Tout juste diplômé de l'université, Christopher
McCandless, 22 ans, est promis à un brillant avenir. Pourtant, tournant le dos
à l'existence confortable et sans surprise qui l'attend, le jeune homme décide
de prendre la route en laissant tout derrière lui.
Des champs de blé du Dakota aux flots tumultueux du Colorado, en passant par les communautés hippies de Californie, Christopher va rencontrer des personnages hauts en couleur. Chacun, à sa manière, va façonner sa vision de la vie et des autres.
Au bout de son voyage, Christopher atteindra son but ultime en s'aventurant seul dans les étendues sauvages de l'Alaska pour vivre en totale communion avec la nature.
Des champs de blé du Dakota aux flots tumultueux du Colorado, en passant par les communautés hippies de Californie, Christopher va rencontrer des personnages hauts en couleur. Chacun, à sa manière, va façonner sa vision de la vie et des autres.
Au bout de son voyage, Christopher atteindra son but ultime en s'aventurant seul dans les étendues sauvages de l'Alaska pour vivre en totale communion avec la nature.
C'est la tentation de chacun d'entre nous : tout vouloir quitter, surtout les autres
Si Kant avec son expression :"
insociable sociabilité" est le philosophe qui a trouvé la bonne formule,
Arthur Schopenhauer, est le philosophe qui a trouvé la
meilleure image.
2) Les hommes, des porc-épics?
Qui s'y frotte......
Le philosophe, célèbre pessimiste, porte
un regard ironique sur les relations sociales, n'hésitant pas à comparer les
hommes à des porcs-épics.
Avec cette fable, Arthur Schopenhauer
(1788-1860) résume
sous une forme simple un des aspects importants de sa pensée.
. Sigmund Freud appréciait la parabole, dans laquelle il reconnaissait son propre
scepticisme quant au processus de civilisation, nécessaire mais producteur de
névroses. Peut-être n'était-il pas anodin qu'il ait eu sur son bureau un petit
porc-épic en presse-papier.
Pour Arthur Schopenhauer, cet exemple illustre l'idée, fréquente dans son oeuvre, que la vie « oscille comme un pendule, de droite à gauche, entre la souffrance et l'ennui » ; il en va de même dans l'amour, où l'un, qui voudrait se rapprocher, souffre, et l'autre, indifférent, s'ennuie. Chacun de nous hésite nécessairement entre ces deux misères.
- D'un côté, la solitude dans laquelle l'homme, animal social, se morfond.
- De l'autre, le jeu social, dans lequel ce que Schopenhauer appelle le « vouloir-vivre » nous pousse, afin de satisfaire nos désirs, mais où on ne trouve guère à s'épanouir.
- Dans un monde qui est le « plus mauvais des mondes possibles », les peines l'emportent sur les joies. La vie sociale multiplie les désirs, donc les frustrations.
La souffrance est redoublée par la conscience que la
« volonté », non seulement nous soumet, mais est sans raison d'être.
Nous agissons sans vraiment savoir pourquoi, obéissant à un instinct jamais
pensé. L'absurde devient tragique : non seulement il n'y a de fondement à
rien, mais nous faisons comme s'il y en avait un. La vie en société nous
oblige à prendre au sérieux un jeu absurde et pénible.
Sommes-nous condamnés à la froide solitude, aux illusions sociales ou à la médiocre « politesse » ?
Sommes-nous condamnés à la froide solitude, aux illusions sociales ou à la médiocre « politesse » ?
Non, car il existe une alternative donnée par la fin
de la parabole :
Préférer la solitude donc, mais à la condition
de neutraliser sa volonté, de nier son vouloir-vivre et son individualité.
Seules la philosophie et la contemplation
esthétique permettent de comprendre la vanité de l'existence. Elles libèrent des instincts
grégaires, des désirs vains et jamais satisfaits. Cependant, la sagesse qui en
résulte est négative : il ne s'agit pas du bonheur mais de la simple capacité à ne pas souffrir. De l'apaisement – on ne sent
ni les piqûres ni le froid – plus que du bonheur .
S'Y PIQUE
Vous avez aimé? voici l'analyse de
Francis Métivier partir d'une chanson "Hygiaphone" de téléphone
Cache dans ton guichet
contreplaqué, aggloméré,
linoleum
Bureau des P & t
Toute la saint'journée
J'ai a te parler
J'veux un timbre a cent ball'ss
ou j'veux téléphoner
Donne moi plutôt un p'tit ticket
dore pour aller m'balader
Parlez
Parlez dans l'hygiaphone
T'as pas besoin d'sonner
Demande a l'interphone
Si t'as envie d'quelqu'un
Décroch'ton téléphone
Comme ça a s'regarder
chacun de chaque cote
On a l'air de mérous
coinces dans l'aquarium
Mais faudra qu'entre nous
je casse le plexiglas
Et qu'un jour, Mimi,
je te parle en face
Que j'te raconte l'histoire
du p'tit ticket troue
Qui n'a jamais vraiment marche
pour aller s'balader
Danse
Joue ton électrophone
Tas pas besoin d'gueuler
Demande au mégaphone
Bientôt au bout du fil
Tu n'auras plus personne
Danse !
Bientôt au bout du fil
Tu n'auras plus personne
contreplaqué, aggloméré,
linoleum
Bureau des P & t
Toute la saint'journée
J'ai a te parler
J'veux un timbre a cent ball'ss
ou j'veux téléphoner
Donne moi plutôt un p'tit ticket
dore pour aller m'balader
Parlez
Parlez dans l'hygiaphone
T'as pas besoin d'sonner
Demande a l'interphone
Si t'as envie d'quelqu'un
Décroch'ton téléphone
Comme ça a s'regarder
chacun de chaque cote
On a l'air de mérous
coinces dans l'aquarium
Mais faudra qu'entre nous
je casse le plexiglas
Et qu'un jour, Mimi,
je te parle en face
Que j'te raconte l'histoire
du p'tit ticket troue
Qui n'a jamais vraiment marche
pour aller s'balader
Danse
Joue ton électrophone
Tas pas besoin d'gueuler
Demande au mégaphone
Bientôt au bout du fil
Tu n'auras plus personne
Danse !
Bientôt au bout du fil
Tu n'auras plus personne
3 ) La sociabilité: naturelle ou
culturelle?
Nous avons vu dans le premier temps que l’échange
pouvait d’abord se définir comme un acte mutuel de transfert de biens, de
services. Il nous faut passer maintenant aux échanges d’ordre plus
symboliques : échanges de signes : le langage, et de valeurs, qui
supposent le consentement des parties et à l’issue duquel chacune voit son état
modifié.
Partons pour cela, d’un fait divers pas si divers que cela :
A la fin du 18ième
siècle, un jeune garçon de onze ans fut découvert seul dans la forêt par des
chasseurs près du Cantons de St Sernin. Ce garçon, assez peu humain de par son
comportement, avait vécu comme un animal dans les bois.
- Sa gorge n’émettait que des cris rauques, il cherchait à fuir et n’avait aucune notion d’hygiène.
- C’était une « sorte » de petit animal farouche n’ayant aucune connaissance réflexive de soi, et de langage articulé. Placé en hospice,
Victor de l’Aveyron dît l’enfant « sauvage » interroge et suscite des curiosités. Ainsi celui-ci devint malgré lui, un
sujet d’observation. En effet la représentation de cet enfant
« différent » met en avant plusieurs questionnements : la dualité
nature /culture, innée acquis, la conception du « sauvage » et
sous-tend plus généralement la problématique de la différence entre l’homme et
l’animal.
Ce que nous apprend cette histoire :
L’homme n’a pas de nature prédéfinie. Il se construit dans
son rapport aux autres, c’est « un animal
social ».
- Son intelligence, le langage, ces capacités de raisonnements induisent une stimulation, qui se fait de manière inconsciente dans le rapport à l’autre (la mère et son enfant). Il est question de transmission, d’héritage.
≠
- Si un animal est séparé très tôt de ses congénères, celui-ci manifeste malgré tout les caractéristiques assez précises de son espèce. Il y a chez les animaux ce qu’on pourrait appeler un instinct.
Donc dans le cas de l’homme, la présence ou l’absence des autres à toujours un
impact déterminant comme le prouve le cas de Victor de l’Aveyron.
Aristote a raison lorsqu’il dit que c’est le langage
qui favorise le lien entre les hommes.
- L’échange de messages linguistiques (via l’éducation) est peut-être le premier échange, avant l’échange économique
- Nous avions vu que le premier échange du nouveau-né avec la mère est primordial : hospitalisme : il n’est pas seulement question de manger et de boire, mais d’être aimé. Ce qui est donné en tout premier lieu, c’est à travers des PAROLES D’AMOUR.
Exemple : Victor est dans l’incapacité
de parler. La communication avec autrui ne peut lui être malheureusement
accordée puisqu'il ne parvient qu'à prononcer quelques mots. En effet il ne
pourra dialoguer, soit entretenir une conversation avec une personne. Donc Victor de
l'Aveyron ne sachant parler ne pourra devenir réellement un homme.
Ø Selon le rapport d’Itard : "ni le langage, ni la libido, ni la technique ne
sont naturels en l'homme. L'homme est cet animal étrange qui a
besoin du contact de ses semblables pour réaliser sa nature : l'homme naquit véritablement inachevé ".
Conclusion : Victor
n'atteint pas la perfection, même après avoir été éduqué par le docteur Itard.
En effet, il ne pourra donc jamais parler (entretenir une conversation),
puisqu'il a été isolé trop longtemps et trouvé tardivement, de ce fait il lui
est impossible de devenir un homme social et civilisé.
Moralité : Un homme ne développe les facultés caractéristiques de son espèce qu’au
contact de ses semblables. L’homme a besoin des autres pour exister comme
homme. Ce que prouve a contrario les cas d’enfants sauvages. Il a besoin d’échanger autre chose que des
besoins :
CONCLUSION :
Que retenir de cette exploration ?
D’une part que ce n’est pas seulement l’intérêt
économique qui constitue l’unité d’une société humaine. En-deçà et
au-delà de toutes les relations commerciales entre les individus d’un même
groupe, il y a des relations sociales symboliques
qu’il faut prendre le temps de décrypter pour comprendre le
fonctionnement d’une société.
Pas de société sans consentement, mais pas de
société sans communication sociale symbolique, et pas de société
sans un système complexe et réglé d’échanges de natures différentes.
Très tôt dans son évolution, l'homme a intégré l'intérêt de grandir
parmi ses semblables, pour assurer sa propre sécurité et celle de son
entourage, développer ses capacités physiques et mentales, tirer le
meilleur profit de lui même et de ses congénères.
Cependant, en même temps que l'immense majorité des hommes suivaient cette pente ascendante vers le progrès, quelques calamités se sont abattues sur sa progéniture, parfois carrément abandonnée dans la nature, et ce dès son plus jeune âge.
L'histoire des enfants sauvages n'est pas un mythe : ces cas sont avérés et ont été étudiés de près par la communauté médicale, qui a constaté avec horreur les effets de cette régression naturelle, avant de tenter de remettre dans le droit chemin de la civilisation ces brebis égarées.
En y regardant d'un peu plus près, on s'aperçoit que c'est toujours la négligence parentale qui en est à l'origine, sauf en de très rares occasions....
L'exemple le plus atypique est celui de Marie-Angélique, capturée en septembre 1731 en France à Songy, en Champagne. Marie-Angélique a survécu dix ans en errant dans les forêts de France et de Navarre. Enlevée de son Canada natal et emmenée de force par bateau, elle débarque en Provence vers 1720. Cette amérindienne de la tribu des renards (ennemis jurés des Français) s'évade et gagne le maquis. A ce jour, c'est l'enfant sauvage qui a survécu le plus longtemps en autarcie totale.
C'est aussi l'enfant qui, découvert dans un état de régression comportemental très avancé, a pu apprendre à lire et à écrire et devint même la protégée de la reine de France.
Tous ces enfants ont énormément de mal à se réaccoutumer à «la vie normale», et s' ils parviennent à se réinsérer socialement (ce qui est rarissime), ils gardent toujours des séquelles psychologiques irrémédiables, comme l'amnésie totale concernant leur passé animal.
Depuis le XIVeme siècle, on dénombre à peu près une cinquantaine de cas de ces «enfants sauvages ». Le plus souvent ces derniers ont été accueillis dans leur errance par des loups ou des chiens, quelques histoires relatent même leur intégration parmi des ours, voire des antilopes en Afrique !
Tout dernier enfant a avoir été retrouvée dans des conditions de vie inhumaines, Natasha, âgée de 5 ans, vivait recluse dans une pièce à l'hygiène déplorable en compagnie de chats et de chiens qui ont fait son éducation. L'épisode s'est déroulé à Tchita, en Sibérie, courant mai 2009. La fillette avait développé tous les comportements animaliers des quadrupèdes.
Ce n'est pas une surprise : la part animale qui est en nous peut donc se réveiller soudainement si c'est une question de subsistance.
Ce qui est le plus étonnant dans ces histoires, c'est la faculté que nous avons de pouvoir nous adapter en toute circonstance, mais également l'empathie témoignée à notre égard par des animaux qui jouent le rôle peu élogieux de planches de survie.
Aujourd'hui, les légendes sur les enfants sauvages agrémentent encore les récits les plus farfelus, mais avec la disparition progressive des espèces animales et de leur environnement, il est très improbable que nous soyons encore confrontés à ce type de problème.
Notre mode de vie est finalement plus policé aujourd'hui, mais qu'adviendrait il de nous si nous devions retourner vivre dans la nature ?
Cependant, en même temps que l'immense majorité des hommes suivaient cette pente ascendante vers le progrès, quelques calamités se sont abattues sur sa progéniture, parfois carrément abandonnée dans la nature, et ce dès son plus jeune âge.
L'histoire des enfants sauvages n'est pas un mythe : ces cas sont avérés et ont été étudiés de près par la communauté médicale, qui a constaté avec horreur les effets de cette régression naturelle, avant de tenter de remettre dans le droit chemin de la civilisation ces brebis égarées.
En y regardant d'un peu plus près, on s'aperçoit que c'est toujours la négligence parentale qui en est à l'origine, sauf en de très rares occasions....
L'exemple le plus atypique est celui de Marie-Angélique, capturée en septembre 1731 en France à Songy, en Champagne. Marie-Angélique a survécu dix ans en errant dans les forêts de France et de Navarre. Enlevée de son Canada natal et emmenée de force par bateau, elle débarque en Provence vers 1720. Cette amérindienne de la tribu des renards (ennemis jurés des Français) s'évade et gagne le maquis. A ce jour, c'est l'enfant sauvage qui a survécu le plus longtemps en autarcie totale.
C'est aussi l'enfant qui, découvert dans un état de régression comportemental très avancé, a pu apprendre à lire et à écrire et devint même la protégée de la reine de France.
Tous ces enfants ont énormément de mal à se réaccoutumer à «la vie normale», et s' ils parviennent à se réinsérer socialement (ce qui est rarissime), ils gardent toujours des séquelles psychologiques irrémédiables, comme l'amnésie totale concernant leur passé animal.
Depuis le XIVeme siècle, on dénombre à peu près une cinquantaine de cas de ces «enfants sauvages ». Le plus souvent ces derniers ont été accueillis dans leur errance par des loups ou des chiens, quelques histoires relatent même leur intégration parmi des ours, voire des antilopes en Afrique !
Tout dernier enfant a avoir été retrouvée dans des conditions de vie inhumaines, Natasha, âgée de 5 ans, vivait recluse dans une pièce à l'hygiène déplorable en compagnie de chats et de chiens qui ont fait son éducation. L'épisode s'est déroulé à Tchita, en Sibérie, courant mai 2009. La fillette avait développé tous les comportements animaliers des quadrupèdes.
Ce n'est pas une surprise : la part animale qui est en nous peut donc se réveiller soudainement si c'est une question de subsistance.
Ce qui est le plus étonnant dans ces histoires, c'est la faculté que nous avons de pouvoir nous adapter en toute circonstance, mais également l'empathie témoignée à notre égard par des animaux qui jouent le rôle peu élogieux de planches de survie.
L'état sauvage a beau nous paraître lointain, mais pourtant, il est bel
et bien présent dans la vie de tous les jours : l'homme est toujours un
loup pour l'homme, comme au temps des cavernes et des tribus, à la
différence que la guerre n'est plus meurtrière qu'au niveau social et
qu'elle se joue maintenant sur des terrains comme ceux de l'emploi ou de
l'accès à certains services.
Aujourd'hui, les légendes sur les enfants sauvages agrémentent encore les récits les plus farfelus, mais avec la disparition progressive des espèces animales et de leur environnement, il est très improbable que nous soyons encore confrontés à ce type de problème.
Notre mode de vie est finalement plus policé aujourd'hui, mais qu'adviendrait il de nous si nous devions retourner vivre dans la nature ?
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