Philoland est un pays auquel on accède en philosophant ou en pensant, théoriquement accessible à tous. Sa géographie ressemble à celle de nos pensées. Il s’agit donc d’un pays aux mille visages, qui se modifie pour satisfaire les réflexions et les rêves de chacun.

AUTRUI / LIBERTE/ MORALE/JUSTICE/

Oui elle est pleine de grâce
Belle et élégante
Mais son reflet dans la glace l’a rendue si différente des autres
Elle se sent mise à l’écart
Du dégout est le sentiment qu’elle peut lire dans le regard des autres
Elle se sent si seule, si laide
Si elle gueule et s’isole
C’est qu’elle n’sait demander de l’aide,
Entre autre
Elle fait partie de ces filles mal dans leur peau
Ces yeux qui les fusillent pour quelques kilos en trop
Ces yeux qui la grugent,
Lui font croire qu’elle est difforme
Tous ces regards qui la jugent, qui l’ont rendue non conforme
Elle ne cherche plus à plaire
Bêtement, elle cache ses rondeurs derrière ses larges vêtements
Peu féminine, complexée par son physique
Devant ces magazines
Et ces filles anorexiques
Son poids est un crime
Terrifiée par la foule, elle multiplie les régimes afin d’entrer dans le bon moule
Effet yoyo, elle galère
Tel est le salaire pour soi-disant faire partie des gens normaux
Elle a perdu toute confiance en elle
Elle qui a cru que l’apparence pouvait suffire à être belle

Refrain :
On fait semblant d’être heureux, de sourire pour se sentir mieux
Dans le regard des gens
On se déguise, s’idéalise, c’est la perfection qu’on veut
Dans le regard des gens
On fait semblant d’être heureux
Dans le regard des gens
On se déguise
Dans le regard des gens

Enfants de quartier populaire
Là où la violence prolifère
Fils d’une famille ouvrière
Il a grandi dans le besoin
La pauvreté, il la prend comme une faiblesse
Vie précaire
Mais par respect, il dira qu’il n’a jamais manqué de rien
Il fait le tho-my
Sa vie une contrefaçon
Emporio Armani, Versace, Gucci et passons
Faire semblant, il se l’est imposé
Roulant en merco et dormant sur un lit superposé
Joue les mecs classes, flambe au quotidien
S’amuse à payer pour les gens
Pour faire montrer qu’il est en place
Quant à l’autre il est son opposé
Enfant modèle, prix Nobel, issu d’un milieu aisé
Oui sa vie il la déteste
Sous prétexte que ses parents ont toujours tout fait pour l’apaiser
Enfant rebelle, se construit un personnage
Traîne avec Kamel, pour façonner son image
Bourgeois, délinquant ayant pris trop de baffes
Emploie des mots en verlan pour ne pas passer pour un blarfe
Faire le show, l’a rendu important
Ce n’est qu’un bobo en croco
Tout ça pour le regard des gens

Refrain

Ils veulent devenir des icônes
Pour que les gens les aiment
Seins en silicone, et piqûres au collagène
Ils se font la guerre, chassent les préjugés
S’agrippent à des critères par peur d’être jugés
A toutes ces femmes qui se montrent pour s’aimer
A tous ces hommes qui se cachent pour pleurer
Toutes ces personnes qui ont des choses à se prouver
Qui se cherchent pour ne pas se retrouver
C’est vrai qu’on se sent mieux grâce au regard des gens
C’est vrai qu’on se voit beau dans le regard des gens
La morale est que peu importe le problème
Avant d’être aimé par les autres il faut d’abord s’aimer soi-même

Merci à Quentin Mahérault Tes Don Bosco d'avoir mis en rapport cette chanson avec le cours sur le regard des autres, et la notion ô combien Sartrienne de "l'enfer c'est les autres"!



LE SOLIPSISME: UNE TRADITION PHILOSOPHIQUE : PAS SI ABSURDE QUE CELA

COURT METRAGE

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Chacun se souvient de cet épisode de la Fureur de vire où James Dean provoque son adversaire dans un défi mortel où le vainqueur sera celui qui sautera le dernier de la voiture lancée à toute allure vers le précipice.
On a là une figure à la fois éminente et dérisoire de la valorisation du risque. A travers cet affrontement, où il s’agit de savoir jusqu’où on est prêt à risquer sa vie, l’enjeu est la maîtrise, qui fera la foi, qui posera les valeurs.
Cet épisode de la fureur de vivre est la version américaine d’un passage célèbre de la Phénoménologie de l’ Esprit de Hegel : la dialectique du maître et de l’esclave.

Deux personnes  (« deux consciences »dit Hegel) s’affrontent dans une lutte de pur prestige. Chacun cherche la reconnaissance, c’est-à-dire veut que l’autre s’incline devant lui, admette sa valeur, renonce à la contester. Le combattant qui a été jusqu’au bout de son désir, sans faiblir devant la peur de la mort, devient le « maître » de celui qui n’a pas su faire la même preuve de sa liberté. Mais du coup, le maître est doublement lié à  son esclave ; par le désir de se faire durablement reconnaître comme libre , et par  la nécessité d’interposer, entre lui et le monde, son serviteur dont le travail lui assure les moyens de se maintenir au dessus des contingences de la vie.

Ainsi à travers le risque de sa vie, l’homme prend conscience de lui-même comme d’un homme, celui dont la valeur ne se réduit pas à son existence biologique, celui qui précisément est capable de la risquer pour autre chose. Le monde des valeurs se révèle grâce à la capacité qu’à l’homme de se risquer pour  elles. Le risque est du même coup principe de hiérarchie : celui qui prend le risque d’affronter la mort devient le maître de celui qui n’en a pas le courage. 
 Hegel souligne que toute conscience de soi ne trouve sa pleine satisfaction que dans cette rencontre d’une autre rencontre de soi : celle-ci permet à la conscience de se confronter à une image d’elle-même, dans laquelle elle puisse de (re)connaître, mais aussi de faire l’expérience de sa liberté.
  Or l’attente de chaque conscience d’être reconnue, se heurte au même désir de reconnaissance de l’autre : or ma liberté peut fort bien désirer ce qui est convoité par l’autre (ici dans la scène de la fureur de vivre : la victoire est  disputée), ou se trouver en contradiction avec le désir de celui dont j’attends pourtant d’être reconnu : reconnaissance et affirmation de la liberté des autres deviennent contradictoires.

L’humanité de l’homme passe par le risque, et, plus précisément, le risque de sa vie. L’animal, lui, est privé du risque . En d’autres mots, ne pas être capable d’affronter le risque, c’est vivre comme une bête.


L'ENFER C'EST LES AUTRES




COMPARATIF HUIS CLOS (Sartre) et

Dr House Saison 3 Épisode 12
De pièces en pièces (One Day, One Room )

 


·        COMPARAISON Dr House / Huis clos

 Le cadre et le message de Huis clos sont, de manière frappante similaires à l’épisode «  de pièces en pièces »

                                     Synopsis

Saison 3 Épisode 12 « De pièces en pièces » (One Day, One Room).
Coincé à la clinique, le Docteur House se retrouve avec une patiente particulièrement encombrante sur les bras. La malheureuse est dans un sale état. Mais là n'est pas le problème principal. Le plus dur à supporter pour House, c'est que celle-ci a un grand besoin de se confier... et écouter les soucis d'autrui n'est certes pas le fort de notre praticien !

         A travers un protagoniste à la fois intéressant et répugnant. Dr House fait penser aux accidents de voiture, on ne pas s’empêcher de regarder.  Dr House illustre ce que nous rencontrons quotidiennement : des gens insupportables.
         Dr House a un prédécesseur important  dans son approche de la négativité des relations sociales. Le philosophe existentialiste Jean-Paul Sartre (1905-1980) est bien connu pour son analyse cynique des relations entre les personnes, que l’on retrouve autant dans ses essais philosophiques que dans le reste de son travail littéraire.
IL DONNE 3 RAISONS PRINCIPALES à cette ambivalence que nous expérimentons avec les autres :
1.     1ère raison qui nous pousse à appréhender les autres négativement est qu’ils représentent des obstacles potentiels à notre liberté. Selon Sartre, sans l’interférence des autres, les individus sont intrinsèquement absorbés dans l’existence, en particulier dans la recherche de ce dont ils ont besoin, et qu’ils désirent dans leur environnement. Plutôt que de réfléchir à leur expérience, ils y sont immergés. Ils agissent sans se poser de questions. Comme l’explique Sartre, l’apparition d’une autre personne fait sortir l’individu de son état originel d’absorption. L’apparition d’un autre individu ne constitue pas seulement une surprise, mais aussi une menace. Les autres sont menaçants parce que la vie est telle que les hommes doivent trouver des ressources pour survivre, et pour se satisfaire. Les ressources que nous nous efforçons de trouver n’étant pas infinies, les autres sont essentiellement des concurrents, pas des associés.
Cette menace que les autres font peser sur l’individu est évidente dans Dr House, sous de nombreuses formes. House lui-même fait pratiquement tout ce qu’il peut pour entrer en conflit avec ses collègues et patients. C’est tout particulièrement évident dans ses relations avec les jeunes médecins qu’il forme. Il a beau travailler dans un  CHU, et avoir en charge  3 spécialistes prometteurs, House est tout sauf une présence constructive dans la vie de Cameron, Foreman et Chase, pas plus que pour les autres candidats qui n’aspirent qu’à remplacer l’équipe présente dans la saison 4. Au contraire, il se moque d’eux, les réprimande, et les met volontairement mal à l’aise. Leur formation sous l’aile du célèbre diagnosticien prend la forme d’attaques psychologiques incessantes, House essayant activement d’affaiblir leur confiance et leur estime en eux-mêmes. Alors que ce traitement infligé à son équipe est répréhensible, House personnifie cette menace que représente l’autre, et ce d’une manière encore plus flagrante. Il est important pour comprendre son caractère, et essentiel pour que nous puissions le trouver sympathique, de souligner qu’au bout du compte, nous attribuons une grande partie de la méchanceté de House envers les autres à sa propre souffrance (cf. analogie Garcin)
2.      2eme raison qui fait dire à Sartre que les autres inspirent des sentiments négatifs : c’est la façon dont ils nous dépersonnalisent. Alors que chaque individu est composé d’un esprit et d’un corps, Sartre croit que les individus s’identifient plus intimement par leur esprit que par leur corps. Alors que les individus ont plus tendance à se  considérer comme des agents que comme des objets, les autres nous rappellent douloureusement que nous sommes des êtres physiques, des corps avec leurs propres caractéristiques. À travers leur regard, et leurs appréciations verbales, leurs jugements les gens nous rappellent ( de manière souvent cruelle) que nous sommes des êtres physiques lorsqu’ils font une remarque sur notre  poids, commentant notre taille, ou émettent un jugement négatif sur nos vêtements. Ainsi donc, nous sommes dépersonnalisés, et nous dépersonnalisons les autres, d’abord parce que nous ne sommes pas ( et ne pouvons pas être) dans leur tête. Nous ne sommes capables de les percevoir, et de leur parler, que comme à des objets. Or  être un objet est déstabilisant, car savoir qu’il est une chose concrète limite la liberté  d’un individu d’être ou de faire quoi que ce soit, et la conscience humaine a pour caractéristique de résister à toute forme d’enfermement qu’elle n’a pas choisie.
Une fois encore, Dr House illustre la théorie de Sartre. Notre tendance à considérer les individus comme des objets est particulièrement limpide dans la façon dont House traite ses patients. Comme ils ne souffrent pas du genre de maladies énigmatiques sur lesquelles House travaille dans son laboratoire, ils n’ont aucun intérêt pour lui. Par conséquent il les traite comme des individus néfastes. Le Dr Cuddy l’oblige à respecter ses horaires à la clinique mais House ne fait rien pour camoufler son mépris pour l’homme banal. Bien que Cuddy espère que « si House s’occupe de suffisamment de patients, il en retirera une forme d’humanité », les patients servent simplement de moyen lui permettant de poursuivre son métier. Dans le cas des patients de la clinique, ce sont des obstacles. Pour retourner au plus vite dans le havre de paix que représente son laboratoire, House ment, prescrit des sédatifs, et parfois renvoie prématurément chez eux les patients ordinaires. Il va jusqu’à offrir de l’argent à l’un d’eux pour ne pas avoir à le soigner, tandis qu’à un autre, il prescrit un médicament qui le paralyse afin qu’il arrête de hurler. Lorsque Cuddy lui demande pourquoi il administre un médicament qui ne fait que stopper le comportement du patient sans pour autant soulager  la douleur, House répond nonchalamment : » il fallait que quelqu’un se charge d’arrêter ses cris ». Pour House, ce patient était comme une insupportable sirène d’alarme automobile  qu’il fallait neutraliser.
3.      Dernière raison pour laquelle, selon Sartre les autres induisent des sentiments antagonistes, est qu’ils volent à l’individu son sens de la primauté et du contrôle de lui-même. Comme nous le savons tous, les autres ne font pas nécessairement ce que nous voulons. Ils ont leur propre organisation. Ils ne partagent pas non plus forcément nos croyances ou notre vision de ce qui est important. Ils peuvent même appréhender le monde d’une manière totalement opposée à la nôtre, et il est normal qu’ils résistent à nos efforts pour les faire changer d’avis. Nous n’aimons pas cela!
         Sartre utilise plusieurs images crues pour illustrer l’impact que l’apparition d’autres consciences que la nôtre a sur le psychisme de l’individu.
         Utilisant une métaphore médicale, il affirme que la présence des autres crée une « hémorragie » dans son monde individuel, une fissure qui « désintègre » le monde de l’individu en question. De la même façon, il décrit l’autre comme le «  drain » par lequel s’échappe le sens du monde et de la sécurité qu’a l’individu.
Dr House est non conformiste dans l’attitude comme dans l’action, il froisse tout le monde. Il conteste en permanence l’autorité de ses supérieurs. Au grand désespoir de ses collègues, il franchit souvent les limites de l’éthique personnelle et professionnelle

  •     LES AUTRES : UNE DOULOUREUSE NECESSITE
 Les autres ont beau générer de profonds sentiments d’angoisse et d’inquiétude, Sartre  est néanmoins clair sur le fait qu’ils nous sont nécessaires.
         Les individus ont besoin de l’attention et de l’échange avec les autres, afin de développer leurs capacités cognitives, et toute la gamme de leurs émotions et des attributs moraux que nous pouvons décrire comme essentiellement humains.
         Sartre dit clairement que sans l’interaction avec les autres, nous n’aurions ni langage, ni conscience de nous-mêmes, ni identité objective.
Ø      Dans Dr House, cette dépendance des individus les uns avec les autres est illustrée à travers la médecine. Les patients qui se rendent à Princeton-Plainsboro ont besoin d’une aide médicale qu’ils ne peuvent s’apporter eux-mêmes.
Avant de créer un quelconque lien avec les autres, les individus sont conscients, mais n’ont pas conscience de ce qu’ils sont.
Sartre illustre ce point par l’exemple de quelqu’un concentré à espionner à travers un trou de serrure, jusqu’à ce qu’une 2e personne arrive derrière lui et le regarde à son tour, faisant du premier un objet, Sartre argumente  en disant que ce n’est que par la rencontre avec les autres que nous pouvons totalement comprendre qui nous sommes.
Ø      Dr House illustre également le rôle que jouent les autres dans le développement de la conscience de soi. Les membres de l’équipe House possèdent les clés de la conscience d’eux-mêmes de leurs patients, et en diagnostiquant les maladies, ces médecins, dans le même temps, augmentent le degré de prise de conscience d’eux-mêmes de ces patients. Il est intéressant de noter que par leurs échanges, Cuddy, Wilson, Cameron, Foreman,  Chase et même House sont conduits à plus réfléchir, et à avoir conscience de ce qu’ils sont, de par leur présence à tous.
Ø      La prise de conscience de ce que nous sommes n’est pas seulement extraordinairement importante, elle est également essentielle au développement d’une identité objective. Avoir un ego revient à avoir à l’esprit un sens objectif de ce que l’on est, et le sens de ses propres caractéristiques, de ses aptitudes, de ce que l’on aime ou non. Sartre ne croit pas que les individus puissent développer leur ego seuls, et considère que les autres jouent un rôle capital dans la consolidation de l’identité personnelle.
Sartre affirme que des relations interpersonnelles honnêtes et mutuellement productives (ce qu’il définit comme «  authentiques ») sont extrêmement rares (sinon impossibles). La plupart des gens ont généralement du mal à se percevoir comme autre chose que des objets, ou ils utilisent les autres pour fuir leurs responsabilités en les laissant les réduire au « stade de chose ».
         Cette tendance à n’essayer d’être qu’un sujet ou un objet, mais jamais les deux, amène Sartre à suggérer que loin d’être une anomalie, la plupart des relations sont sadomasochistes par nature.
Ø      House illustre à la fois cette propension humaine à la mauvaise foi, et la méthode sadique permettant d’échapper à des relations authentiques avec les autres. Au bout du compte, la mauvaise foi signifie le déni, en particulier le déni de certains aspects de sa propre condition.
         Comme le note Sartre, la mauvaise foi est «  un mensonge à soi-même » dont le but est la fuite;
Dans le cas de House, plutôt que de prendre ses responsabilités face à son addiction et à la dureté avec laquelle il traite  les autres, cela l’arrange de prendre la posture de la victime, et d’utiliser son infirmité pour justifier à la fois ses prises de drogues et son insensibilité générale.
Concernant la manière dont il traite les autres, et peut-être à cause du traumatisme et de la perte qu’il a subis, House se retient d’établir des liens avec les autres. A la place, il s’aliène quiconque essaye d’être proche de lui, par son comportement et son discours antisociaux.
Il correspond trait pour trait au sadique décrit par Sartre, craignant plus que tout la vulnérabilité provoquée par des relations authentiques avec les autres, House refuse tout sociabilité en faisant «  de l’autre un objet ».
Bien sûr, on sait bien pourquoi House préfère considérer les autres comme des objets, plutôt que de s’attarder sur sa propre nature objective. Qui serait prêt à admettre qu’il est un génie dépressif, drogué, asocial, avec des douleurs récurrentes et une infirmité physique permanente?


·        Les similitudes flagrantes entre « huis clos » et l’épisode présenté.
HUIS CLOS                                                              De pièce en pièce.
Située en enfer et non dans un Hôpital, la pièce de Sartre expose  à la fois la dépendance des individus entre eux, et la profonde angoisse, ainsi que les antagonismes qu’ils peuvent susciter les uns chez les autres. La pièce décrit également d’une façon amusante les tendances SM auxquelles Sartre considère que nous sommes tous confrontés.

Eve, la principale patiente, étant étudiante en philosophie et en religions comparées, on peut se demander si le texte de Sartre n’a pas inspiré une partie des dialogues.

La pièce débute avec l’arrivée de Garcin en enfer. Garcin, qui s’y retrouve après avoir été exécuté pour désertion, est surpris de découvrir que l’enfer est une pièce encombrée et mal décorée, et non un abîme de torture sans fond. Il se présente sous la forme de deux femmes, Inez et Estelle. Le reste  de la pièce est l’occasion pour Sartre de dresser un portrait ingénieux de ce ménage à trois, un ménage où personne ne couche avec personne, et où tout le monde souffre.

Le premier parallèle avec Huis clos est que toutes les discussions entre Eve et House, à une exception près, se déroulent dans l’espace clos d’une salle d’examen, un lieu où aucun des deux n’a choisi d’être. Comme Garcin, Inez et Estelle, Eve et House ne s’apprécient pas beaucoup.

Bien que ce dernier n’ait pas une apparence conventionnelle, l’enfer de Sartre n’est que torture : Garcin, Inez et Estelle se retrouvent dans un lieu dont on ne peut s’échapper, et où aucun ne peut échapper à l’autre.

Avec sa dureté habituelle, House n’apporte que peu de réconfort à Eve. Quant à cette dernière, ne présentant aucun signe d’une maladie originale à soigner, mais simplement un traumatisme pour lequel House considère qu’il n’existe aucun traitement, elle ne l’intéresse pas. En effet, dans la mesure, où elle est le miroir de son propre traumatisme, dont il tente de faire abstraction,

Les personnages de Sartre n’ont littéralement aucun répit les uns par rapport aux autres, ne peuvent s’apaiser en jetant un coup d’œil à l’extérieur, ni vivre le bonheur solipsiste d’un sommeil paisible, ou même le bref soulagement que pourrait leur apporter « la fermeture de leurs yeux ». Non, les personnages de Sartre sont « inséparables », ils sont dépendants les uns des autres à chaque seconde
Eve est une patiente à laquelle House veut échapper. Mais elle ne lui en donne pas la possibilité. Elle prend la décision surprenante, plutôt que de le fuir, demander qu’il soit son médecin. Ici, le choix d’Eve est identique à la décision des personnages de Sartre de rester en Enfer, au moment où ils ont la possibilité d’en partir. House accepte de continuer à la suivre.


         Comme dans Huis clos, cet épisode illustre à la fois la dépendance et le mépris des deux personnes l’une pour l’autre.
        Par exemple: lorsque Eve insiste pour en savoir plus sur son expérience, cela met visiblement House mal à l’aise. Lorsqu’il lui ment pour la calmer, mais qu’elle continue à lui poser des questions, House est alors si frustré qu’il met Eve sous sédatifs pour tenter de l’empêcher de le questionner. Ici, contrairement aux personnages de Sartre à qui l’on refuse toute possibilité d’échapper aux autres par le sommeil, House a une pharmacie entière à sa disposition.
        Pendant qu’Eve est sous sédatifs, House révèle imprudemment son besoin des autres, quand il sollicite chacun de ses collègues pour obtenir des conseils. Lors d’une surprenante inversion des rôles, House va d’abord voir Wilson, puis Cameron, Foreman, et Chase, pour leur demander quoi dire à Eve. On remarque en souriant que chacune des réponses est différente.
        Comme son nom l’indique, Eve est la première femme de la série qui fait baisser sa garde à House.
Bien qu’il oppose une certaine résistance, House finit par s’ouvrir à Eve, et lui raconter son histoire. Ce qui le pousse à le faire est, en partie, une discussion qu’ils ont sur les gens. Il insiste auprès d’Eve  pour qu’elle ne compte pas sur lui, et lui demande :





        Dans l’avant dernière scène de l’épisode, on ne retrouve plus House et Eve dans une pièce, mais dehors, assis ensemble dans le parc, enfin en phase l’un avec l’autre. Le volume baisse. On n’entend pas ce qu’ils se disent. Cela signifie que les mots qu’ils échangent ont moins d’importance que le fait qu’ils puissent désormais communiquer, et qu’il existe une réelle réciprocité. La tension palpable qu’il y avait entre eux a disparu. Tout comme le rire qui retentit à la fin de Huis  Clos, au moment où le rideau se baisse, l’impression finale est positive.


 LA MORALE


       La morale prescrit ce qui est bien ou mal en matière de conduite. «  Morale » et «  éthique » viennent respectivement d’un terme latin mos, (mores au pluriel) et d’un terme grec ethos qui signifient tous deux « manières d’être, mœurs »
       Morale, éthique et mœurs ont en commun
      d’être prescriptives, c’est-à-dire d’obliger, de recommander, d’interdire, de prescrire des devoirs
      Ou dêtre normatives: elles inspirent nos jugements de valeur appréciant nos manières d’être ou d’agir en fonction de normes définissant ce que doit être notre conduite
Mais sur quels fondements reposent les normes qui guident nos jugements moraux ou éthiques? Qu’est ce qui justifie qu’on doive faire ceci ou ne doivent pas faire cela, qu’il est bien de faire ceci et mal de faire cela? Qu’est ce qui nous autorise à penser que nos jugements moraux ne sont pas arbitraires, et qu’ils sont fondés?
La question morale , celle du BIEN et DU MAL est un thème classique de l’interrogation philosophique. Elle suit deux directions essentielles :


Qu’est ce qui détermine ce que je dois faire ?
a)      La religion 
Nous remarquons que la religion a proprement pour contenu une telle transcendance, car toute religion suppose un ordre supérieur (surnaturel), et suppose des pratiques et des croyances qui nous lient à cet ordre. On voit alors que la morale pourrait emprunter son contenu à la religion. Mais d'un autre côté, il y a non pas une religion (un donné de transcendance) mais des religions. Dès lors, c'est faire éclater la morale en des morales qui perdent du coup toute prétention à l'universalité,

confucius.jpgDans cette optique, on peut dire que les religions édictèrent les premières règles morales : (exemple de  question dissertation : la religion peut elle fonder la morale 
  •   aussi bien la morale traditionaliste confucéenne  (Confucius 551/479 av JC) :doctrine morale qui prône le respect des valeurs fondamentales : simplicité, sagesse, tempérance, fidélité

Que les morales  issues des grandes religions ( judaïque, chrétienne, islamique) qui se réduisent à des préceptes de solidarité à l’égard d’autrui et à une série d’interdits : l’là réside l’universalité !
EXEMPLE : Les 10 commandements : tu ne tueras point, tu ne déroberas point, tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain, ton père et ta mère tu honoreras….






Les philosophes de la modernité ont cherché comment fonder une éthique qui soit universelle tout en se passant du recours à Dieu.
Après la religion, on peut penser que c’est la société qui détermine ce que je fois faire :

a)      la société :
bentham.jpgon peut constater que les notions de bien et de mal, de devoir, varient d’une société à l’autre, d’une époque à l’autre : le parricide, crime odieux chez les Romains, était un acte recommandé dans certaines peuplades ( en Chine par exemple : les nouveaux nés féminins sont éliminés). C’est donc la société qui détermine ce qu’il est bien de faire : est bon, ce qui est utile à la communauté, est mal ce qui lui est nuisible.
Telle est la thèse des utilitaristes anglais  défendue par  Jéremy Bentham ( 1748/1832)  1811 : Théorie des peines et des récompenses
doctrine éthique qui prescrit d'agir (ou ne pas agir) de manière à maximiser le bien-être du plus grand nombre des êtres sensibles. Elle est l'idée que la valeur morale d'une action est déterminée uniquement par sa contribution à l'utilité générale.
 Selon Bentham, une société détermine comme devoir les actions favorables au bonheur du plus grand nombre. Or les actions qui sont avantageuses pour le plus grand nombre le sont aussi pour l’individu qui agit : le seul fondement de la morale, ce n’est pas le DEVOIR, c’est l’égoïsme bien compris (en agissant pour le bonheur de tous, j’agis aussi pour mon propre bonheur)
Ø  La droiture morale d’un acte est déterminée exclusivement par ses conséquences.

Exemple théorique : La Fable des abeilles, The Fable of the Bees: or, Private Vices, Publick Benefits en anglais, est une fable politique de Bernard Mandeville, parue en 1714. Il en a fait un second tome en 1729.
Ø  Parue dans un premier temps en 1705 sous la forme d’un poème intitulé La Ruche murmurante ou les fripons devenus honnêtes gens, The Grumbling Hive, or Knaves Turn’d Honest en anglais, la première version ne fut guère remarquée. Rééditée en 1714 avec un commentaire extensif en prose, elle est bientôt devenue célèbre pour son attaque supposée des vertus chrétiennes. Friedrich Hayek vit en lui un précurseur du libéralisme économique

Sa thèse principale est que les actions des hommes ne peuvent pas être séparées en actions nobles et en actions viles, et que les vices privés contribuent au bien public tandis que des actions altruistes peuvent en réalité lui nuire. Par exemple, dans le domaine économique, il dit qu’un libertin agit par vice, mais que « sa prodigalité donne du travail à des tailleurs, des serviteurs, des parfumeurs, des cuisiniers et des femmes de mauvaise vie, qui à leur tour emploient des boulangers, des charpentiers, etc. ». Donc la rapacité et la violence du libertin profitent à la société en général.
Problème de l’utilitarisme : cette thèse confonde l’utile et le moral : comme le dira Kant, il est parfois utile de mentir , mais ce n’est jamais un acte moral.
Ce qui détermine la valeur morale d’une action : ce n’est pas ses effets, mais l’intention ! si mon intention était égoïste, mon action ne sera jamais morale, même si elle a eu des conséquences utiles pour autrui.

c)  LA RAISON selon Kant


Sur sa tombe on peut découvrir l"épitaphe suivant:
Pour l’auteur de la Critique de la raison pratique ( 1788), la morale ne se préoccupe pas en premier lieu du bonheur personnel mais de la vie en commun.
Pour le rigorisme ( rigueur) kantien, une action est morale quand ma volonté s’est déterminée eu égard à la seule raison, et non par rapport à mes intérêts personnels ( mes intérêts personnels me commandent souvent de mentir, de voler parfois , etc), la Raison doit me commander d’aller à l’encontre de mes intérêts immédiats personnels. Une volonté déterminée par les désirs n’est pas une volonté libre. ETRE LIBRE POUR KANT, C’EST FAIRE CE QUE LA RAISON ME DICTE, C'EST-A-DIRE MON DEVOIR. La question est de savoir en quoi ce devoir consiste.
 Qu’est ce que faire mon devoir ?
Mon devoir, c’est de faire ce que la loi morale commande avant de chercher à satisfaire mes désirs et mes intérêts. Le DEVOIR n’a donc rien de plaisant, ni d’agréable.  Kant va plus loin même, car il dit que si je fais mon devoir parce que j’y prends du plaisir : mon action ne sera pas vraiment morale ( car c’est par plaisir que j’aurais agi et non par pur devoir).
Ainsi, si je dis la vérité, mais que je le fais par intérêt, mon action sera conforme au devoir, mais pas faite par devoir : elle n’aura aucune valeur morale.
Mais alors qu’est ce que m’ordonne de suivre ma raison ?
Pour que mon action soit morale, il faut que la maxime de mon action (son intention) puisse être universalisée.
Avec l’impératif catégorique:


 
Kant s’interroge sur ce que pourrait être une loi déterminée par une volonté bonne, absolument sans restrictions, sans conditions. Une telle loi ne serait motivée par aucun intérêt, ni inclination, ni impulsion personnelle, mais seulement par elle-même. Elle s’imposerait comme impératif à tout être raisonnable, du simple fait de sa liberté.
Faut il faire une fausse promesse ou un mensonge pour sortir d’une situation embarrassante?
                               
                 Je ne peux en aucune manière vouloir une loi universelle qui  nous commanderait de mentir, car une telle maxime se détruirait elle-même.
 

C’est précisément parce que je suis libre, toujours tenté de faire passer mes intérêts et mes désirs AVANT mon devoir, que ce dernier prend pour moi la forme d’un impératif catégorique : ce que la raison exige, c’est que j’agisse par devoir, par pur respect pour le commandement moral, sans aucune considération de mes intérêts !

LES PARADOXES DE L’ETHIQUE CONTEMPORAINE
La conception Kantienne de la morale, en établissant ce principe abstrait, implique l’idée que tous les  individus ont autant de valeur que vous et moi, et devraient tous êtres traité  moralement, fonde une grande partie de l’interrogation éthique contemporaine, pour qui la morale consiste à définir des règles du jeu social, sur la base d’un accord minimal entre individus rationnels.
L’éthique contemporaine est universaliste. Elle considère que tous les individus doivent en principe être placés sur le même plan. Tous les humains sont égaux au regard de la loi et de la morale.
Ethique de conviction ou de responsabilité, éthique de situation

a)      « L’éthique de  conviction » nous dit qu’il faut toujours agir selon des principes : par exemple le refus de la violence pour le pacifiste, la défense de a liberté d’expression pour le libéral.
Mais cette étique là, sexpose parfois à une contradiction.
Elle peut aboutir à l’inverse de l’effet recherche : faut il laisser la liberté aux ennemis de la liberté ? ne faut il pas prendre les armes contre les régimes oppresseurs et tortionnaires ?


A l’inverse
b)      « l’Ethique de responsabilité » nous dit qu’il faut agir en prenant en considération l’efficacité de son action. Cette position plus pragmatique, s’expose aussi à une contradiction : il faut parfois bafouer ses propres principes pour arriver à ses fins : un Etat démocratique doit-il accepter de traiter avec un gouvernement dictatorial pour faire évoluer une situation, ou adopter une position intransigeante, rigoureuse sur le plan des principes, mais qui ne contribue pas à faire évoluer cette situation ? Une guerre juste est elle possible ? etc…




Dans les années 1960, ce fut le branle-bas général autour de 
c)       l'éthique de (la) situation, connue aussi sous le nom de situationnisme) se réfère à un point de vue particulier de l'éthique qui affirme que la moralité d'un acte est fonction de l'état du système au moment où il est accompli.
Dans une affaire d’infidélité, par exemple, les éthiciens de situation voudront tout savoir, entre autres, des relations entre époux, si les époux n’ont plus de relation depuis un moment, l’infidélité est excusable, ceci impactant cela.
Les détracteurs de l’éthique de situation ont crié au scandale, jugeant qu’un pareil raisonnement pouvait être utilisé pour justifier n’importe quel acte, allant jusqu’à adopter une position absolutiste : l’infidélité est toujours mauvaise, quelles que soient les circonstances !
Cette éthique, nous y sommes confrontés chaque jour, tant individuellement, que collectivement :
En effet, il existe dans nos sociétés une pluralité de valeurs qui conduit à un « conflit des devoirs »    (Paul Ricoeur) qu’aucune morale supérieure ne peut trancher.
Exemples : Ainsi le médecin doit respecter la vie, mais il doit aussi alléger les souffrances. Que faire face à un malade incurable  qui demande qu’on l’aide à mourir ? ou plus difficilement, s’il s’agit d’un nourrisson qui ne peut rien demander ? 



Moralité : Bioéthique, éthique féministe, éthique animale et droit des tiques à un traitement humain deviennent de rigueur, sans compter l’éthique professionnelle, nous sommes tous confrontés un jour à ces questions.


APPLICATION SERIE
A LA MAISON BLANCHE
SAISON 1 episode 3 "réponse proportionnelle"







LA JUSTICE
La justice est une notion prestigieuse mais ô combien confuse.Depuis l’enfant qui proteste contre l’injustice dont il pense être la victime (« c’est pas juste ») jusqu’à la représentation du jugement dernier censé récompenser les vertueux et châtier les pécheurs, en passant par les multiples affaires de justice, les commentaires sur les dysfonctionnements de l’institution judiciaire, les références à la justice sont nombreuses et fort variées.
Toutes les guerres, toutes les convulsions de l’histoire se sont faites et se font encore au nom de la justice (cf discours Barak Obama lors de la remise de son prix nobel de la paix). Elle apparaît comme une valeur universelle invoquée pour protéger l’ordre établi ou justifier les bouleversements révolutionnaires.
 
Mais on peut dire que l’intensité affective attachée à la notion et les multiples usages du terme en troublent le sens et font douter de la possibilité de parvenir  à une claire définition. La notion est équivoque, écartelée entre moralité et légalité.
                Le mot justice implique une idée de rigueur rationnelle et quasi mathématique. La justice n’est que la justesse en matière de morale.  Il suffit de songer au symbole de la balance, de l’équité, d’égalité. La rectitude, la droiture ne définissent pas seulement une ligne géométrique, mais aussi la conduite de l’homme juste






La justice est le respect rigoureux des droits de chacun ( justicia vient de jus, droit). C’est le fait d’accorder à chacun son droit
Bulle ronde: « A chacun sa part »Tandis que l’égoïsme nous persuade de tout réclamer pour nous seuls ; la justice substitue la raison à cette spontanéité biologique !  il faut tenir compte des autres et partager avec eux selon une juste proportion.

I/ Les différents domaines de la justice

a)      une valeur divine
L’émergence  de l’idée de justice dans la Grèce antique la fait apparaître comme la haute instance de régulation, une valeur divine à laquelle se mesurent tous les comportements, toutes les décisions des hommes et toutes les autres valeurs. ( Cf Texte Antigone de Sophocle) ; Antigone fait tenir la valeur normative de la justice au monde divin, et agit selon la loi morale éternelle, supérieure à toutes les lois écrites de la cité.
b)      La plus haute exigence morale
la justice est la vertu par excellence, la source de toutes les autres vertus, celle qui détermine la moralité des intentions et des actions.
Platon dans la République ( dont le sous titre est de la justice) affirme que la justice n’est pas une vertu comme les autres, parmi d’autres, mais ce par quoi les vertus sont des vertus : les actions courageuses ne sont telles que par la justice. Dès lors qu’on est juste, on possède toutes les vertus.

EXPERIENCE DE PENSEE OFFERTE PAR PLATON
Dans le livre I de la République, Thrasymaque, défendant le droit du plus fort, soutient contre Socrate l'idée que commettre l'injustice est profitable (et sans aucun doute plus profitable que la subir) et que la justice est le fait des faibles. Mais la réfutation que lui administre Socrate ne convainc pas Glaucon et Adimante, les deux frères de Platon. Dans le but de discuter plus à fond la position de Thrasymaque, Glaucon reprend cette position à son compte, sans toutefois l'approuver, et l'illustre, en la renforçant, par la fable de Gygès.
   Gygès découvre qu'en tournant vers l'intérieur de sa main le chaton d'une bague découverte par hasard lors d'un violent orage qui ouvrit le sol devant lui, il peut devenir invisible. Une fois ce pouvoir découvert, il s'arrange pour faire partie des messagers envoyés au palais royal. Là, grâce à cette invisibilité, il séduit la reine, complote avec elle et assassine le roi pour s'emparer du pouvoir. Rien ne peut lui résister, doté d'une telle arme.

  • Cette hypothèse permet de débattre, exemple à l'appui, sur les motivations de la moralité : résulte-t-elle seulement d'une convention sociale et arbitraire, ou bien d'un pur intérêt moral ?  les hommes ne sont ils justes que parce qu'ils sont visibles? QUE FERIEZ-VOUS SI VOUS AVIEZ UN TEL ANNEAU?

 
c)       Dimension sociale
La justice a une dimension sociale, elle fonde l’ordre social.Selon Aristote, la justice est surtout destinée à  régler nos rapports avec AUTRUI

La justice est une vertu communautaire
Idée d’ordre, d’harmonie mais à l’échelle d’une communauté.            
Si l’homme est un "animal politique" (Aristote), il ne peut atteindre sa fin la
Plus élevée que par la vie en commun, et la justice vise un bien commun.
                                                                    
d)      Dimension juridique
  la  justice comme catégorie juridique. Elle est cette vertu particulière relevant du registre du droit.
  Le juste se définit comme celui qui respecte la loi et l’égalité.
  L’homme juste est celui qui a l’habitude de ne pas prendre plus que sa part des biens, ni moins que sa part des charges et travaux.
En société, le partage doit relever d’un organe public : la justice est réglée par le droit
  La justice selon Aristote se différencie en deux espèces :
o   Justice distributive : concerne la répartition des biens et des honneurs entre les membres de la cité. Ici la justice n’est pas de donner à chacun la même chose, car il faut tenir compte du mérite : l’égalité n’est pas arithmétique, mais géométrique : elle implique des rapports de proportion. Son adage : A CHACUN SON MERITE


o   Justice corrective :  concerne les transactions privées
·         volontaires : vente, achats etc
·         involontaires :  crimes et délits. 





Cette dernière obéit à une égalité arithmétique stricte : que l’homme lésé soit puissant ou misérable, le rôle de la justice est de rétablir l’égalité en versant des intérêts de même valeur que le dommage.
Que la justice soit distributive ou corrective, elle trouve sa figure exemplaire dans la pratique judiciaire : lors d’une contestation entre deux parties, il revient au juge de restaurer l’égalité ou la juste proportion propice à rétablir l’équilibre.

II/ Quelle égalité peut exiger la justice ?
Si on définit la justice comme une exigence d’égalité, dans un partage, dans un traitement ou une reconnaissance, le problème qui se pose ! qu’est ce qu’une égalité juste ? suffit il d’attribuer des parts égales à chacun ?
  Personne ne peut soutenir que les hommes sont égaux en fait :
  • Inégalités naturelles : de force ou d’aptitudes.
  • Inégalités sociales : richesse et culture 
Pourtant la justice exige que les hommes soient égaux en droit, c'est-à-dire que malgré les inégalités de fait, ils aient droit à une égale reconnaissance de leur dignité humaine. 
C'est ce que montre Jean-Jacques Rousseau dans le Contrat social : un État n'est juste et légitime que s'il garantit à ses citoyens le respect de ce qui fonde la dignité humaine, à savoir la liberté. Seule en effet elle est « inaliénable » : la vendre ou la donner au tyran, c'est se nier soi-même. Cette égalité en droit doit pouvoir ainsi se traduire par une égalité en droits : nul ne doit posséder de privilèges eu égard à la loi de l'État  

III/ Quels sont les rapports du droit et de la justice ? 

Le droit est l’ensemble des règles  qui régissent un Etat : c’est le droit positif. Comme ces règles varient d’un Etat à l’autre, n’y a-t-il nulle justice qui soit la même pour tous les hommes ? 

"les lois n’ont pas à être justes,elles doivent surtout garantir la paix sociale, car il vaut mieux une injustice qu’un désordre " Pascal  



Problème de la désobéissance aux lois injustes :
  INDIGNEZ-VOUS 

 
IV/ LA JUSTICE :  VERTU OU 

ILLUSION ? 
Platon soutient que la justice, doit être une vertu morale en chaque individu. Contre ceux qui soutiennent que «  nul n’est juste volontairement » et que la justice comme vertu n’existe pas, Platon montre que c’est le rôle de l’éducation d’élever chacun à cette vertu suprême.
Certes  l’homme  a tendance à vouloir s’attribuer plus que les autres au mépris de tout mérite : si comme Gygès nous trouvions un anneau nous rendant invisible, nous commettrions les pires injustices. Mais Gygès était un berger privé d’éducation, et qui vivait hors de la cité : l’enjeu de la politique c’est précisément de rendre les citoyens meilleurs, en leur faisant acquérir cette vertu qu’est la justice, contre leurs penchants égoïstes.

V/ L’égalité des droits suffit-elle à fonder une société juste ?

La démocratie   a commencé par poser qu’il y avait des droits inaliénables et universels : les droits de l’homme. Mais la sphère des droits s’est progressivement étendue : par exemple, la richesse globale étant le fruit du travail de tous, il est normal que chacun ait droit à une part raisonnable .
En démocratie, certaines minorités sont systématiquement ignorées, puisqu’est la majorité qui décide de la loi : donner des droits égaux, c’est donc reconduire des inégalités de fait.



Selon John Rawls, il faut au nom de la justice, tolérer des inégalités de droits, à conditions que ces inégalités soient au profit des moins favorisés. Cela cependant, amène à nier que tous les droits sont universels, parce que certains auront des droits que d’autres n’auront pas.

Conclusion : comment élaborer un pouvoir de droit qui seul mettrait à l’abri des abus du pouvoir et garantirait la justice ? le pouvoir politique est la source du droit, mais il doit être lui-même défini, délimité et contrôlé par le droit. C’est de cette circularité qu’a voulu rendre compte Rousseau en élaborant la fiction d’un contrat social, seule source d’un pouvoir politique que le droit constitue de part en part. Le contrat social définit une organisation politique dont tous les membres sont à la fois sujets et souverains afin d’écarter tout risque de domination et toute possibilité de violence.



REFLEXIONS SUR LA JUSTICE CORRECTIVE







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