Philoland est un pays auquel on accède en philosophant ou en pensant, théoriquement accessible à tous. Sa géographie ressemble à celle de nos pensées. Il s’agit donc d’un pays aux mille visages, qui se modifie pour satisfaire les réflexions et les rêves de chacun.

ART TL/ TES/ TS




L'ART

Souvenez-vous l'année dernière, festival de Cannes 2010:


La palme d'or est attribuée à :
«Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures», du Thaïlandais Apichatpong 

Dès le lendemain, voici les réactions de la presse :

Cannes : une Palme d'or qui fait des vagues

C’est vrai, « Oncle Boonmee », du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, n’aura sans doute jamais droit au prime time de la télé. C’est vrai, et son jury ont décerné dimanche la Palme d’or à un film bizarre, radical, formidablement inventif pour les uns en gros, les cinéphiles aux goûts pointu, drôlement rasoir pour les autres en gros, le reste du monde.
Et, c’est vrai aussi, il attirera infiniment moins de spectateurs que « Taxi Driver », « la Leçon de piano », « Pulp Fiction » ou « Entre les murs », qui l’ont précédé au tableau d’honneur. Après, reste à savoir si la mission du Festival est de remplir les salles et, accessoirement, les tiroirs-caisses.

Les deux visages de Cannes. D’un côté, on a le glamour. Les stars servies sur tapis rouge, les seins de et le sourire ultra bright de , les films hors compétition (« Robin des Bois », « Wall Street 2 », le nouveau Woody Allen…), les L’Oréal girls et les rivières de diamants, bref de quoi s’assurer la foule, les télés et les photographes. De l’autre, mine de rien, se joue quand même la Coupe du monde du cinéma. Dix jours pour poser un regard curieux sur le meilleur (avec un peu de chance) du 7e art à un instant T. Pour le public, ça passe ou ça casse selon les crus : pas palpitant en 1998 avec « l’Eternité et un jour », de Théo Angelopoulos, carrément bouleversant en 2002 avec « le Pianiste », de Roman Polanski.
 
Le film d’auteur est une œuvre cinématographique qui se conforme aux règles d’un genre bien défini : d’abord c’est souvent rébarbatif et ensuite le peu de gens qui l’on vu disent toujours que c’est génial.
En Général, un film d’auteur est tourné dans un endroit qu’on ne voudrait jamais visiter,  comme une chambre de bonne ou un pays de l’Est ; il ne se passe rien, et on regarde des gens puiser de l’eau ou manger pendant une heure. Après ça, la seule phrase qu’ils prononcent c’est : » Passe moi le sel » en thaïlandais.
Et Bruce Willis, quand c’est qu’il arrive pour leur mettre la pâtée à tous ces paysans ?
En plus, le fameux auteur du film est toujours un obscur réfugié polonais que les critiques font mine de vénérer, alors que ce qui les intéresse vraiment, c’est de boire un Nespresso avec George Clooney. 

La preuve : pendant le festival de Cannes on ne parle que des stars américaines pour faire de l’audience et à la fin, on remet la palme  à un vieux coréen (ici en l'occurrence, un jeune thaïlandais dont personne n’a jamais entendu parler !
En bref on se donne des airs intelligents en faisant croire qu’on a aimé quelque chose que tous les autres ont détesté.

Pendant des siècles, on créait non pas pour représenter une belle chose mais pour réussir une belle représentation des choses. L'art devait être beau jusqu'en 1917 ou

 


 un certain Marcel Duchamp, (peintre, plasticien, homme de lettres français, naturalisé américain en 1955 Inventeur des ready-made au début du XXe siècle, sa démarche artistique exerce une influence majeure sur les différents courants de l'art contemporain.) envoie de manière anonyme une pissotière à un jury artistique. Les jury pensent à un canular, or est en train de naître une révolution artistique.

Cette œuvre, d’une importance majeure pour l’art contemporain, pose un problème majeur que le cours sur l'Art doit reprendre:  CHACUN peut se demander face à une telle chose : si c’est de l’art, qu’est ce qui fait d’une œuvre d’art une œuvre d’art ?
Que cela n’en soit pas, comment le saurait-on ?
Qu’un plombier spécialiste en sanitaire fixe cet urinoire dans votre lycée ou qu’un artiste le place sur un présentoir dans une salle d’exposition, il reste matériellement le même. Mais il se charge symboliquement  dans le musée d’une signification autre que dans les lieux d’aisance. Sa fonction change, sa destination aussi, sa finalité utilitaire disparaît au profit d’une finalité esthétique.
il va de soi qu’une telle œuvre ne saurait être tenue pour belle : Duchamp rendait ainsi manifeste le divorce, caractéristique du XXe, entre l’art et le beau. 
 Duchamp a fait un coup d’état esthétique. On crie à l’imposture, à la plaisanterie, à la fumisterie. On refuse de transformer l’objet banal en abjet d’art.
L’urinoir est brut, non ouvragé, tout juste signé ; en revanche, les productions artistiques habituelles sont élaborées, ouvragées et reconnues comme classiques par les officiels du milieu.
Quel est le sens de la révolution opérée par la pissotière ?
Duchamp met à mort la beauté. Après cet artiste, on n’aborde plus l’art en ayant en tête l’idée de beauté, mais celle du sens, de la signification. Une œuvre d’art n’a plus à être belle, mais de faire sens.
Pendant des siècles on créait non pas pour représenter une belle chose, mais pour réussir la belle représentation d’une chose : pas un coucher de soleil, un paysage de mer, un corps de femme, mais un beau traitement de tous ces objets possibles. Duchamp vient tordre le coup à la Beauté et invente un art radicalement cérébral, conceptuel, intellectuel.


La question d'emblée qui se pose : d'où provient le beau? est-ce que l'oeuvre contient en elle-même une qualité qui la rend belle? agréable à regarder? La beauté est-elle objective?



I/ Qu’est ce que le BEAU

a)   Jugement ou émotion ?
·        Nous avons tous l’habitude de définir l’art par la beauté des œuvres. Or cette définition est inadéquate : nombre d’œuvres ne sont pas belles, ou ne prétendent pas à l’être.
·      








  La beauté ne concerne pas seulement des œuvres produites par la main de l’homme : la nature nous offre de nombreux exemples de beauté.

·        Pourtant tout le monde sait que c’est par la notion de Beauté que passe l’art ! l’esthétique a même pu être définie comme la science du Beau.
La fin de l’art est l’esthétique ; la fin de la technique est utilitaire.
Esthétique vient du latin « aisthesis » : sensation. L’artiste va porter son message à travers les sens 
Expérience esthétique : chacun de nous éprouve des sentiments de préférence qui traduisent l’idée de valeur devant des objets naturels ou artistiques. 
Le beau produit sur nous un double effet :
-         le beau fait éprouver une émotion

-         le beau nous fait prononcer un jugement
L’émotion esthétique ne doit pas être confondu avec la sensation. L’émotion est un sentiment agréable composé de sympathie, de plaisir, de surprise qui peut se ramener à l’admiration. Le sentiment est désintéressé (on aime le beau pour le beau, non pour le profit). Kant : « le beau est une finalité sans fin ». L’émotion esthétique a un caractère sociable : faire partager l’émotion à d’autres.
Le jugement esthétique consiste à attribuer la beauté à un objet. En le prononçant, le jugement ne nous concerne pas seulement : l’objet est objectivement beau.
 

D’où provient le Beau ?
·        Serait- ce une qualité de l’œuvre d’art ? l’œuvre contient elle une qualité qui la rend belle ? dans ce cas là la beauté est un jugement  objectif ! on peut reproduire la beauté à volonté, elle serait un acte intellectuel
·        Mais si la Beauté est ce phénomène provoqué en nous par un objet, ne s’agirait il pas plutôt d’une émotion ? l’œuvre serait investie d’un pouvoir spécial sur la sensibilité humaine !

Le beau évoque d’emblée l’harmonie, l’équilibre des forces : ordre des choses. Même des éléments laids peuvent prendre une valeur esthétique.


















Saint Thomas d’Aquin définit le beau par l’ordre : unité dans les proportions.
Un autre critère du beau est la puissance, la grandeur qu’il suscite. 


Le sublime est une forme majeure du beau, avec une résonance métaphysique.

Dans le sublime il y a quelque chose qui dépasse la représentation, la mise en forme : l'illimité, selon Kant.

Le beau est avant tout expressif : un objet est beau non seulement par sa forme extérieure, mais aussi par les idées et les sentiments qu’ils nous suggèrent. Le beau est expressif de la vie de l’âme.
 MORALITE: Le beau stimule donc agréablement le jeu de nos facultés représentatives (intelligence, imagination) et émotives.
b) Le Beau comme critère de l’œuvre d’art
 
le problème qui se pose c’est comment reconnaître le Beau ? si on ne donne pas de critère pour le reconnaître, comment peut on s’accorder à son sujet ? s’il n’y a pas de critère du beau, il est difficile de le définir, s’il y a un critère du beau, le beau se réduit à un jugement où l’émotion n’ a pas sa place.
Que penser de l’art contemporain qui n’a que faire de la beauté ?
Duchamp réalise une autre mise à mort : celle  des supports. Avant lui l’artiste travaille des matériaux nobles ( l’or, l’argent, marbre, bronze, pierre, toile de lin, eglise)
Après lui, tous les supports deviennent possibles. On va voir dans l’histoire de l’art du XXe surgir des matériaux pas nobles du tout, voire ignobles au sens étymologique :
·        les excréments de Manzolini

·        le corps ( body art français)



·        de la poussière ( Duchamp)




·        Lumière ( viola, turrell)

·        Du plastique, de la télévision ( Nam Jum paik)

·        Du concept (on Kawara)

·        Des ordures ( Kosuth)

Certains déplorent cette rupture avec la beauté traditionnelle, classique pour préférer les techniques classiques d’avant abstraction :
·        scènes de Poussin au 17e qui donnent l’impression d’une photographie.

·        Les femmes nues de Rubens qui batifolent dans la campagne

·        Les pommes de Cézanne au 19e
 


C) La catharsis
Pourquoi va-t-on au cinéma? au musée? N'est-ce pas pour se distraire ou se divertir, autrement dit pour s'amuser, se faire plaisir ou passer un moment agréable? Qu'est ce qu'un bon film? un bon tableau? une bonne pièce de théâtre? Les raisons sont propres à chacun. C'est d'ailleurs ainsi que le conçoit ARISTOTE.
Bien entendu il ne parle pas de films, étant donné qu'il y avait peu de salles de cinéma au IVe av JC. Mais il traite de la tragédie, ce qui est à peu près la même chose.
Et selon lui, c'est dans le seul but de se faire plaisir qu'on s'intéresse aux histoires, aux fictions ou aux mythes.
Reste à savoir d'où vient ce plaisir. D'après une définition restée célèbre, Aristote affirme que la fiction doit produire la catharsis ou "purgation des passions"
En bref, il s'agit d'émouvoir le spectateur, et de l'amener à éprouver des sentiments. Un beau film, n'est-il pas celui qui fait pleurer? Apparemment, ce qui plaît, c'est de passer une série d'émotions comme la joie u la tristesse. La notion de catharsis vient seulement préciser que la situation qui fait naître ces émotions est une fiction, parce que le sang n'est rien d'autre que du ketchup. Par suite, les sentiments du spectateur lui-même ne sont pas produits par un bonheur ou un malheur réels, ce qui ne l'empêche pas de les éprouver.
En ce sens on dit parfois que la violence au cinéma ou à la télévision a un effet "cathartique", ce qui signifie qu'elle permet de se décharger des tendances violentes qu'on a en soi pour éviter d'avoir à les satisfaire dans la réalité, sur quelqu'un. 
Ainsi, peut-on aller jusqu'à dire que l'oeuvre de fiction aurait une fonction quasiment thérapeutique : le plaisir serait causé par le soulagement, ou plutôt, le défoulement de certaines émotions qu'il serait pénible  de ne pas satisfaire. Selon Aristote, on va au cinéma un peu comme on va chez le dentiste pour se faire arracher une dent qui fait mal.
 
Moralité: la qualité d'une oeuvre d'art qu'on appelle "la beauté" ne se définit que par rapport au plaisir qu'elle produit sur le spectateur : " j'aime/j'aime pas".
C'est sans doute la raison pour laquelle on peut s'ennuyer au cinéma : parce qu'on n' a éprouvé aucune émotion. Or, il paraît bien difficile de savoir comment et pourquoi un tableau, une musique, un film éveillent ou non des sentiments. Apparemment, les raisons pour lesquelles les uns et les autres sont sensibles à une oeuvre appartiennent à chacun.



II/ Comment distinguer un objet d’une œuvre d’art ?

Tel est le problème auquel s’affrontèrent les douaniers américains lors du passage à la frontière de « l’oiseau au vol » du sculpteur Brancusi : devaient ils frapper de droits de douane, comme tous les produits industriels importés, ou le laisser passer sans percevoir de taxes, comme la loi le veut pour les œuvres d’art ?

Signe que la distinction ne va pas de soi, elle est plus dans l’intention qui vise l’objet que dans l’objet lui-même. Un charpentier ou un peintre ne considèrent pas le même arbre d’une façon identique. L’objet technique est un moyen au service d’une fin qui  lui est extérieure, alors que l’œuvre d’art est un monde qui nous fait faire l’expérience de la totalité.
Il faut savoir que l’artiste n’a pas toujours été individualisé ni valorisé.
Les églises romanes furent produits par des collectivités.
La signature d’une œuvre est un phénomène récent dans l’histoire. Le terme grec techné signifie l’art en tant qu’il se distingue de la phusis : la nature. L’art est ce qui est produit par des règles par un technicos, artisan ou artiste, qu’au moyen âge on ne sépare pas explicitement. Le terme latin Ars (Artis) désigne l’art en général, sans distinguer l’artisanat et les beaux arts comme nous le faisons
C’est en Italie,  à Florence au XVe que l’on assiste  l’émergence et à la définition de l’artiste.
Les peintres qui faisaient partie de la corporation des teinturiers, revendiquent un statut à part. Courtisés par les Princes qui sont soucieux de manifester de façon ostentatoire leur pouvoir et leur prestige par la magnificience et la beauté d’œuvres et de monuments à leur gloire, les artistes souhaitent se démarquer de ceux qui manipulent les couleurs et se salissent les mains. La peinture est "cosa mentale", chose mentale dira Leonardo, affirmant le primat de l’idée sur la matière. Il faudra attendre le 19e pour que le terme d’art renvoie sans ambiguïté aux beaux arts


III/ "Chacun ses goûts" ?

Il est bien évident que chacun pense avoir le monopole du bon goût. Alors, il paraît bien naturel de ne pas apprécier les goûts différents des siens. Mais cela n'empêche pas de reconnaître que son goût n'est pas plus vrai que celui d'un autre.
Exemple:


Nom :
Les architectes dénoncent VALÉRIE DAMIDOT, et son mauvais gout !
Catégorie :
Arts et loisirs - Beaux-arts
Description :
Pour la suppression pure et nette de cette émission de merde, qui met en avant la déco de beaufs et les stickers de merde !
Niveau de confidentialité :
Ouvert : tout le contenu est public.

LA QUESTION QUI SE POSE ICI :

Confieriez-vous la déco de votre maison à Valérie Damidot?

 Pourquoi le vert pomme n'irait-il pas avec le rose bonbon? Qui le dit?

Ceux qui trouvent ça laid? Mais on ne voit pas pourquoi les couleurs qui ne leur plaisent pas devraient ne plaire à personne. Quel enfant n'a jamais refusé de manger des épinards en déclarant :"c'est pas bon! " avant de s'entendre dire par ses parents :"il faut dire : je n'aime pas!"

 On en parle pour qualifier les sensations d'ordre gustatif, et dans ce domaine, les choses semblent tout à fait subjectives, comme nos parents nous l'ont appris. Ce qui est agréable à l'un, peut être désagréable à l'autre.

Pourquoi? on aurait du mal à l'expliquer. Les philosophes peuvent parler de la "constitution physique de chacun" : autrement dit je suis ainsi fait que le contact de a langue avec un épinard me procure du plaisir, tandis que mon frère éprouve du dégoût.

Qui a raison? Personne , et tout le monde. Le goût parle du sujet, ou de celui qui ange, et désigne la sensation qu'il éprouve au contact de l'objet.

Or ce qui vaut pour les sensations vaut sans doute pour les sentiments. Comme le remarque Emmanuel Kant dans sa "critique de la faculté de juger", ce n'est pas probablement sans raison qu'on ne parle pas seulement du goût à propos de la nourriture ou de la cuisine, mais aussi à propos de cinéma, peinture ou de la musique.

Certes il ne s'agit pas d'un plaisir physique ou corporel,  mais plutôt d'un plaisir spirituel. Ainsi, quand on éprouve du plaisir en regardant un tableau de Picasso, on dira "j'aime cette beauté", mais cela signifie-t-il que la beauté soit moins subjective que le plaisir physique?

Quand on écoute les fameux critiques de cinéma, on a le sentiment que leur bon goût est lié à leurs connaissances, tandis que le mauvais goût populaire, en particulier pour les comédies, s'expliquerait par l'ignorance du public. Il y aurait des choses à savoir, pour parvenir à distinguer le bon film du mauvais.

Au contraire, Kant affirme que le goût est tout à fait subjectif, car il n'y a aucun moyen de prouver qu'un film est bon!

Qu'est ce qu 'un concept? disons qu'il s'agit d'une idée. Par exemple, on peut penser à un triangle: figure à 3 côtés : telle est la définition du concept du triangle. Du coup, on peut savoir si une figure est un triangle ou non. Etant donné qu'on connaît les caractéristiques du triangle, on pourra montrer qu'un carré n'est pas un triangle.

En revanche, on voit mal comment en déduire le fait qu'il me plaise ou non.  Et si je préfère les carrés? un triangle est-il plus beau qu'un rectangle? quelle que soit la réponse, on comprend qu'elle n'a rien à avoir avec les démonstrations de la géométrie. De la même façon, il semble impossible de montrer qu'un film est bien à quelqu'un qui ne le pense pas. On aura beau faire la liste de toutes ses caractéristiques, y trouver une référence à Proust, remarquer qu'il est en noir et blanc, on n'arrivera jamais à en déduire qu'il faut l'aimer. Et si je préfère les films en couleurs? 

En bref, je peux expliquer à quelqu'un pourquoi j'aime le film et tout ce qui cause mon plaisir : l'histoire, la mise en scène...Mais c'est encore mon goût qui explique mon goût. 

MORALITE: apparemment, il semble donc impossible de définir la beauté comme on peut définir un triangle, parce qu'une belle oeuvre d'art n'est rien qu'un oeuvre qui plaît. Or dans ce domaine, il semble n'y avoir aucune règle, et ce qui peut plaire dépend du goût de chacun. Voilà ce que voulait dire KANT!

 Exemple:  

Dans le film "American Beauty" 

Ricky a une manie de filmer des choses qui paraissent inintéressantes. Comme un oiseau mort, un sac plastique qui tournoie au vent ou la fille de Lester, Jane, completement effacée à coté d'Angela.Il paraît assez apathique mais ses paroles sont d'une étonnante profondeur, par exemple ce dialogue avec Jane: "Une fois j'ai vu une vieille femme qui est morte gelée dans la rue, une clocharde alongée sur le trottoir. Elle avait l'air tellement malheureuse... j'ai filmé cette vieille femme. -Pourquoi tu l'as filmée? -Parce que c'est fabuleux. -Pourquoi est-ce si fabuleux? -Quand tu vois un truc pareil, c'est comme si Dieu rentrait en connexion avec toi, l'espace d'un instant. Et si tu es assez réceptif, tu ouvres les yeux. -Et qu'est-ce que tu vois? -La beauté." 
Ou cette description qui se passera de commentaire, concernant la plus belle chose qu'il ait filmée: un sac plastique

 

 Propos ô combien Bergsonnien!

CONCLUSION:
La beauté libre est donc indépendante de toute signification précise, elle ne fait référence à aucun sens conceptualisable qui viendrait en limiter la portée. La beauté, c'est l'indéfinissable. On peut certes en parler, mais ce qu'on peut en dire est inépuisable. Elle donne à penser et à parler.